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Cotation

Cotation

Principe

La cotation consiste à attribuer au document une marque (la cote) définissant sa place dans la bibliothèque.
La cote est l'adresse du document dans la bibliothèque.

Un système de cotation doit prendre en compte les aspects suivants :

  • Le plan de classement est-il séquentiel continu ou systématique ? Dans le premier cas, la cotation est très simple, puisqu'il ne faut pas prévoir d'intercalation.
  • Quel est le public de la bibliothèque ? Quel est le degré de spécialisation de la bibliothèque ? Le degré de spécialisation de la cotation doit être en rapport avec celui de la bibliothèque. Par exemple un centre de documentation sur le cinéma allemand n'aura pas la même cotation qu'une BU.
  • La cote doit permettre de retrouver les documents sans hésitation, l'idéal étant même que chaque document ait sa propre cote, comme chaque boîte aux lettres a son adresse. Bizarrement, ce principe n'est pas appliqué dans les bibliothèques françaises.

Exemples

1. Cotation avec des symboles, des couleurs,...

Il est possible de classer des documents en fonction d'un critère quelconque, et d'attribuer à ce critère une marque qui ne sera ni alphabétique ni numérique : on peut coller sur la tranche des livres une pastille ou une bande de couleur, on peut dessiner des pictogrammes.
Ce système peut être utile pour des bibliothèques pour enfants : une couleur par niveau de lecture ou par classe, par exemple.

Ce système n'est guère adapté à un fonds important : si on dépasse la trentaine de documents par cote, on passe beaucoup de temps à retrouver un titre. Sauf, bien sûr, si c'est l'effet recherché (obliger les lecteurs à fouiner dans les rayons).

2. Cotation numérique séquentielle

Cela consiste à classer les documents les uns à la suite des autres, dans l'ordre où ils sont traités.
Ce système est très bien adapté à des fonds destinés à rester en magasin. On peut utiliser directement le numéro d'inventaire comme cote.
En revanche, ce type de cotation est à déconseiller en libre-accès : lorsque le fonds prend de l'ampleur, les lecteurs se retrouvent devant des documents qui semblent classés de manière anarchique.

3. Cotation à partir des indices Dewey

En France, on utilise très souvent la Dewey pour construire les cotes : on prend un indice pertinent pour le document et pour le classement (ces deux conditions doivent être réunies : le document est classé en fonction de son contenu, mais aussi en fonction du fonds dans lequel il s'insère) et on le fait suivre des trois premières lettres de l'auteur.
Ce système a plusieurs avantages : il permet d'organiser la bibliothèque par centres d'intérêt ; il est simple pour le personnel et pour les lecteurs.
Il présente cependant certains risques : confusion entre indexation et cotation (voir ci-dessous), imprécision lorsque plusieurs auteurs ont les mêmes trois premières lettres ou lorsqu'on choisit de limiter la longueur des indices à utiliser.

Les trois lettres de l'auteur : une hérésie ?
Comment faire la différence entre :
  1. Les romans de François Mauriac et ceux de Claude Mauriac ?
  2. Les romans de Henry Miller et ceux de Arthur Miller ?

4. Le système des indices Cutter

Ce système tire son nom d'un bibliothécaire américain de la fin du XIXe siècle, contemporain de Melvil(le) Dewey, Charles Ammi Cutter.
Ce système n'est pas enseigné en France, alors qu'il est tout à fait courant aux États-Unis et au Canada.

Il consiste à attribuer à chaque auteur (personne, congrès, collectivité) une cote que l'on ajoute à l'indice Dewey (ou LC).
Par exemple, la bibliothèque peut décider que François Mauriac recevra le "cutter" M3, et que Claude Mauriac aura M4. Cela permettra de les classer ensemble (romans français [ou francophones] du XXe siècle) sans les mélanger : 840.20 M3 et 840.20 M4.

5. Autres possibilités

La cotation des documents en libre accès doit avant tout aider les usagers à trouver les documents qu'ils cherchent (la cotation a partie liée avec la signalétique) : il peut toujours être utile de se demander comment on pourrait améliorer les cotes en fonction des besoins des lecteurs.
Par exemple, dans un centre de documentation où les lecteurs recherchent avant tout des informations récentes (c'est le cas d'une bibliothèque de droit), il peut être vital d'ajouter dans la cote l'année de publication ou la mention d'édition (alors que les trois lettres de l'auteurs peuvent n'avoir aucun intérêt).
Dans une bibliothèque littéraire, il faut absolument rassembler les oeuvres originales, leurs traductions et les critiques littéraires : les trois lettres de l'auteur ne suffiront pas.
Autre exemple : il peut être utile de classer ensemble les congrès et colloques paraissant annuellement : la cote devra porter par exemple le numéro du congrès.

6. De quelques hérésies

Certaines pratiques conduisent à limiter la puissance de la cotation (et à embarrasser aussi bien les usagers que le personnel) :

  • Récupérer telles quelles les cotes d'autres bibliothèques. Chaque bibliothèque cotant en fonction de son fonds et de son public, le risque est grand de voir se développer le plus grand désordre.
  • Ajouter aux documents d'autres marques de classement que la cote. Par exemple : la mention d'édition, une pastille désignant un fonds particulier, etc. Ces marques n'apparaissent que sur le document : comment fera-t-on les tris par ordinateur lors des opérations de récolement ? La cote perd son pouvoir d'adressage non ambigu. Et le classement quotidien en libre accès est plus difficile : le personnel ne doit pas seulement regarder la cote, il faut aussi faire attention à d'autres marques sur les documents.
  • Utiliser les mêmes cotes dans plusieurs fonds d'une même bibliothèque. Cette pratique revient de facto à créer des bibliothèques différentes. Les cotes ne suffisent plus à désigner l'emplacement des documents, il faut encore préciser la localisation. Les lecteurs ont du mal à s'y retrouver, le récolement est plus compliqué (il faut l'organiser par fonds).
  • Suivre aveuglément la classification : il faut bien sûr suivre scrupuleusement la syntaxe et l'ordre de la classification, mais il faut souvent choisir la cote en fonction du fonds existant : par exemple, la bibliothèque de droit a choisi de rassembler sous la même cote (351.3) tous les ouvrages préparant aux concours administratifs, alors qu'une autre bibliothèque peut choisir de classer ces ouvrages en fonction du secteur concerné (comptabilité, police, etc.)

Confusion avec l'indexation

L'indexation et la cotation sont deux opérations intellectuelles complètement différentes, et même opposées :

  • L'indexation part du contenu du document, et n'en sort pas : il s'agit de traduire le contenu en un ou plusieurs indices.
  • La cotation consiste à se demander : quelle est la meilleure place pour ce document dans la bibliothèque ? La réponse n'est pas uniquement fonction du contenu du document, mais aussi du fonds existant et des habitudes des usagers (les lecteurs doivent s'y retrouver).